JE défends depuis longtemps les initiatives culturelles populaires : le Bijou en est une depuis 20 ans. Mais je veux surtout dire qu’en matière de culture à Toulouse il y a un trésor négligé dans les débats publics et électoraux : la ville possède un grand nombre d’équipements et dispose de salariés compétents. Leur donner les moyens de travailler (pas seulement en termes financiers mais surtout en liberté de programmer et communiquer) donnera plus d’intensité à la vie culturelle locale.
D’autre part la profusion de collectifs qui revendiquent l’urgence culturelle est contre productive.
Il y a 20 ans, pour faire reconnaître l’émergence des musiques actuelles, Avant-Mardi s’est créé à l’échelon régional.
Au même moment, au niveau national, s’est créé le réseau Chaînon pour regrouper les cafés-concerts et les petites structures publiques de type MJC et centres culturels municipaux de petites communes.
Plus récemment, à Toulouse, s’est créé le Couac pour affirmer l’urgence à considérer l’ensemble des pratiques culturelles à Toulouse.
Aujourd’hui, se créé un collectif de bars et squats qui affirment leur dimension culturelle en disant « nous ne sommes pas des professionnels de la culture mais nous participons à la vie culturelle » .
Je suis persuadé que la confrontation de ces réseaux est indispensable : nous travaillons tous sur l’émergence, chacun de ces regroupements est légitime et la convergence de nos propos doit permettre aux politiques de mieux cerner la vitalité culturelle. J’ai vu au fur et à mesure des années, les révoltés d’hier devenir acteurs culturels, obtenir les financements qui permettent de répondre aux normes et lois qu’ils combattaient. Il n’ont pas abdiqué pour autant de leur exigences artistiques. Les réseaux qui se sont constitués sur des revendications doivent aujourd’hui intégrer la parole de nouveaux interlocuteurs. Pour être clair, je pense que le collectif Toulouse Ville Morte et le Couac doivent trouver de quoi discuter. Ceci écrit sans préjuger des convergences et divergences.