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page mise à jour le 31 juillet 2003 
Eléments de propositions pour un régime solidaire de l’assurance chômage à l’emploi discontinu
 en Avignon 
<  pap   >  

« Cette « valorisation » du « capital humain » est étroitement liée à la notion de « travail immatériel », qu’après Negri et d’autres auteurs, le sociologue André Gorz caractérise. « Le travail immatériel », écrit-il, « suppose de la part des personnels un ensemble d’aptitudes, de capacités et de savoirs qu’on a pris l’habitude d’assimiler à des « connaissances. »Le « capital de connaissances » des prestataires de travail est considéré par l’entreprise comme le « capital humain » dont elle dispose (…) Les « compétences » dont il est question ne s’apprennent pas à l’école, à l’université ou dans le cours de formation. Elles ne sont pas mesurables ou évaluables selon des étalons préétablis. Elles sont des « talents » - d’improvisation, d’innovation, d’invention continuelles - beaucoup plus que des savoirs (…) Se produire comme activité vivante est aussi l’essence des sports, des activités ludiques, d’activités artistiques comme le chant, le théâtre, la danse, la musique instrumentale. »

COMME M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, les intermittents, tout comme de nombreux travailleurs précaires, pratiquent depuis des années la vente de leur expertise, de leur disponibilité, de leur polyvalence. A cette différence près que les « entreprises culturelles « (compagnies, lieux de création, sociétés de production indépendantes) ont encore le sens du risque (le fameux « risque artistique »), qu’un spectacle ou un film sont les œuvres avant que d’être (accessoirement) des « produits », et que cette dimension-là que recouvre, aussi, le régime de l’intermittence. » (Extrait de l’édition spéciale de juillet 2003 de Mouvement)

« La flexibilité dans les conditions de mise au travail ne répond pas seulement à un principe de maîtrise des coûts salariaux, elle est plus fondamentalement une modalité de captation d’une richesse qui est crée dans des espaces qui débordent largement ceux de l’entreprise, dans des temps qui débordent largement le temps de travail contractuel. Autrement dit, les temps de l’entreprise ne sont plus que les temps courts de la captation d’une richesse produite dans les temps longs de la mise en commun, des savoirs, des idées, des connaissances, des informations, des goûts, des désirs, les temps longs de la vie comme vie sociale, vie avec les autres, création du commun. Dans la discontinuité/hétérogénéité des temps, la production innovante est le résultat des interactions multiples, des croisements multiples de formes de vie, de désirs de savoir, de créer. La coopération non seulement précède le capital et ses entreprises, mais aussi, elle est impuissante à l’intérieur du capital et du rapport salarial. Sa puissance relève de sa liberté, sa liberté de la continuité…du revenu. Il faut réformer le régime d’assurance chômage, c’est une réforme pour les droits nouveaux adaptés à la discontinuité de l’emploi et à la continuité de l’activité de coopération et création qu’il faut imposer.


P.-S. : (Extrait du texte « Eléments de propositions pour un régime solidaire de l’assurance chômage à l’emploi discontinu » par les Précaires Associés de Paris. Edition spéciale de Mouvement)

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