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page mise à jour le 18 mars 2008 par Hamza
La diversité culturelle, une nouvelle éthique universelle
 tribunes 
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Au lendemain du 11 septembre, les discours débordaient (déjà !) sur les grandeurs de certaines civilisations par rapport à d’autres, voire du choc entre elles ! Réunis en convention à l’Unesco, plusieurs nations, ont décidé, alors, de proclamer ensemble une déclaration commune sur la diversité culturelle. Je me souviens que la France l’a ratifiée à l’unanimité et s’est ainsi dotée d’un nouveau cadre et instrument juridique, pour l’élaboration de ses politiques nationales et locales en faveur de la diversité culturelle. Je me souviens que cette déclaration a permis aux Etats de réaffirmer « leur conviction que le dialogue interculturel constitue le meilleur gage pour la paix, et de rejeter catégoriquement la thèse de conflits inéluctables de cultures et civilisations ».

LORS de la 31ème session, Koïcgiro Matsuura, Directeur Général de l’Unesco en 2001, affirme que la diversité culturelle est à ériger au rang « de patrimoine commun de l’humanité, aussi nécessaire pour le genre humain que la biodiversité dans l’ordre du vivant » ! Cela l’amène à penser, alors, que la diversité culturelle « n’est pas un patrimoine figé, mais bel et bien un processus garant de la survie de l’humanité ».

Je me souviens de l’année 2008 qui a été proclamée « année européenne du dialogue interculturel » par l’Union Européenne, une attention toute particulière doit être apportée par les Etats membres de l’Union à la mise en place de « politiques favorisant l’inclusion et la participation de tous les citoyens » comme garantie de « la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix ». La Présidence française de l’Union, lors du deuxième semestre 2008, impulsera-t-elle une dynamique en ce sens ?

Aujourd’hui, à l’ère d’une décentralisation forcée dans le domaine de la culture, où l’Etat, en se désengageant financièrement pour des questions de priorités budgétaires, et en transférant sur les collectivités locales la responsabilité de garantir la diversité culturelle sur les territoires, au moment du choix des nouvelles équipes municipales, où chacune d’entre elles propose une vision d’avenir, un pacte avec les citoyens, les conditions à réunir pour le « vivre ensemble », je rêve qu’on me, qu’on nous, propose une utopie réaliste. Celle qui permet aux citoyens de trouver inspiration et respiration, l’espoir d’une réelle prise en compte des singularités dans un souci d’enrichir les diversités culturelles de nos territoires.

Je rêve que l’on ne parle plus de diversité culturelle au nom de la reconnaissance d’un pluralisme culturel motivé par le concept de descrimination positive, mais que l’on reconnaisse le légitime choix de chacun, de chaque groupe social, de s’inscrire dans la démarche culturelle et artistique qu’il affectionne, qu’elle soit d’inspiration locale ou d’ailleurs, ou encore métissée.

Je rêve d’une nouvelle classe politique et culturelle qui me dise que « la dignité de l’homme exige la diffusion de la culture et l’éducation de tous en vue de la justice, de la liberté et de la paix », que la « diversité culturelle s’incarne dans l’originalité et la pluralité des identités » de notre ville, que seront créés les conditions d’« une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques », qu’« indissociable d’un cadre démocratique, le pluralisme culturel est propice aux échanges culturels et à l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique », que la diversité culturelle est un « moyen d’accéder à une existence intellectuelle, affective, morale et spirituelle satisfaisante », que « toute personne doit pouvoir s’exprimer, créer et diffuser ses oeuvres dans la langue de son choix », que garantir la diversité culturelle c’est « la possibilité pour toutes les cultures d’être présentes dans les moyens d’expression et de diffusion », que le patrimoine, sous toutes ses formes, « doit être préservé, mis en valeur et transmis aux générations futures en tant que témoignage de l’expérience et des aspirations humaines, afin de nourrir la créativité dans toute sa diversité et d’inspirer un véritable dialogue entre les cultures », qu’« aujourd’hui hélas, encore plus qu’hier, les seules forces du marché ne peuvent garantir la préservation et la promotion de la diversité culturelle, gage d’un développement humain durable et que dans cette perspective, il convient de réaffirmer le rôle primordial des politiques publiques ».

Je rêve d’une politique culturelle qui, plus qu’un aménagement territorial des bassins de vie, se soucie que cet aménagement fasse écho aux populations, pour qu’elles s’y reconnaissent et s’y épanouissent. Je rêve d’une politique culturelle qui donne l’occasion aux singularités de nourrir la diversité culturelle, qu’elle accompagne les parcours de vie au nom du droit de chacun à accéder à la connaissance, la création, la pratique et la diffusion artistique, une politique culturelle qui admet son éphémérité, pour laisser place à la contestation, seul pendant démocratique au nécessaire renouvellement d’elle-même et au bénéfice du droit d’existence des émergences artistiques. Car 7 ans après la déclaration Universelle sur la diversité culturelle de l’Unesco, j’en rêve encore et je fais ma déclaration d’amour à l’utopie qu’elle contient.

Hamza Medkouri,
Directeur de Samba Résille
Centre d’Initiatives Culturelles et Citoyennes
38 rue Roquelaine 31000 Toulouse
www.samba-resille.org

Hamza

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