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le 29/09/2003 par Couac

Réunion des directeurs des affaires culturelles : départements et communes

Lundi 10 mars 2003


Les directeurs des affaires culturelles sont associés à l’expérimentation de décentralisation culturelles, d’une part pour l’établissement des diagnostics (collecte des données, présentation des objectifs), d’autre part au travers des travaux des groupes de réflexion. Ainsi l’expérimentation peut être l’occasion de renforcer et de rationaliser les partenariats entre Etat, Région, départements et communes.






En introduction, Richard Lagrange expose le contexte général de la démarche engagée depuis septembre en Lorraine et Midi-Pyrénées par un rappel "historique" :
-  le Gouvernement précédent a lancé l’idée de conclure avec les collectivités qui le souhaitent des "protocoles de décentralisation" dans les domaines du patrimoine et ou des enseignements artistiques ; il s’agissait d’examiner des modalités nouvelles de partenariat dans ces deux domaines susceptibles d’éclairer les débats futurs sur la décentralisation ;
-  en 2001 les premiers protocoles ont été signés principalement avec des régions et en 2002 la région Midi-Pyrénées s’est portée candidate pour la "deuxième vague" de protocoles ;
-  le nouveau Gouvernement et le ministre de la Culture et de la Communication ont souhaité poursuivre cette expérience déjà engagée des protocoles (c’est pourquoi nous sommes sur le point de conclure un protocole en Midi-Pyrénées sur le patrimoine), mais deux démarches nouvelles ont été lancées : le ministre de la Culture et de la Communication a proposé une "expérimentation" à deux régions (Lorraine et Midi-Pyrénées) qui l’ont accepté, de réfléchir globalement au service public culturel avec l’ensemble des partenaires et d’examiner les moyens de l’améliorer et d’en combler les lacunes ; le Gouvernement a par ailleurs annoncé un nouveau mouvement de décentralisation avec une réforme constitutionnelle et des lois de décentralisation.

Tel est donc le contexte de la démarche à propos de laquelle cette réunion est organisée. La réflexion menée en Midi-Pyrénées est co-pilotée par l’Etat et le Conseil régional mais elle concerne tous les niveaux de collectivités. Pour la mener, le dispositif suivant a été mis en place :
-  comité de pilotage : composé des principaux élus de la région, il définit les orientations et stratégies communes, par la validation des propositions des groupes thématiques de réflexion ;
-  diagnostic : l’établissement d’un diagnostic cartographié des interventions et actions culturelles en Midi-Pyrénées sert de support au travail de réflexion et proposition ;
-  trois groupes thématiques de réflexion : "patrimoines", "création-diffusion", "enseignements-éducation-pratiques-développement" ; leur mission est de formuler des propositions au comité de pilotage ; ils se réunissent une fois par mois jusqu’à la réunion de synthèse prévue le vendredi 16 mai 2003.

Les objectifs clés de l’expérimentation de décentralisation culturelle sont d’une part la clarification des responsabilités, d’autre part le développement territorial, au travers d’une réflexion sur des problématiques telles que l’aménagement culturel du territoire, la clarification des partenariats publics, et la possibilité de désigner des chefs de file pour certaines missions ou certaines actions

Louis MALLET rappelle la réflexion menée préalablement par la Région en matière de politique culturelle, et la définition d’orientations lors de la journée "Culture en région" le 31 janvier 2002. La Région souhaite mettre en œuvre sa politique culturelle selon trois axes principaux :
-  la formation
-  l’aménagement du territoire
-  les industries culturelles

L’un des objectifs clés est la clarification des compétences et des responsabilités entre les différents niveaux de collectivités, ce qui passe par une mise en œuvre de la notion de chef de file .

Jean-Louis BOUILLERE souligne l’intérêt de l’expérimentation en termes de rencontre, d’échanges et de dialogue entre les différents acteurs culturels. La Région est attachée au développement des partenariats. Il présente ensuite les trois propositions du président MALVY par rapport à l’expérimentation :
-  éducation et enseignements artistiques : d’une part ouvrir les lycées à l’expérimentation, d’autre part mettre en place des schémas régionaux des enseignements artistiques
-  équipements culturels structurants : définition de missions régionales
-  économie et culture : possibilité de créer des emplois, dans la filière du livre et de l’audiovisuel en particulier

François LAJUZAN se réjouit de participer à cette expérimentation au nom de l’Association des directeurs des affaires culturelles (DAC) de villes moyennes, nouvellement créée. La DRAC et la Région insiste sur la nécessité de poursuivre le partenariat avec les DAC des communes et conseils généraux. Louis MALLET estime que la participation des DAC aux réunions des groupes devrait apporter une plus-value sur l’établissement du diagnostic, qui, comme le rappelle Jean-Louis BOUILLERE, se présente comme la préfiguration d’une plate-forme de ressources culturelles à l’échelle régionale.

Bernard LABRO précise que les conseils généraux ont des préoccupations inscrites dans le quotidien, et ont tendance à raisonner par rapport à l’existant plutôt qu’à mener des réflexions purement théoriques.

Richard LAGRANGE confirme que la réflexion en cours est très fortement liée à l’existant, non seulement par l’intermédiaire du diagnostic, mais aussi parce qu’un des objectifs est justement d’améliorer cet existant en comblant les lacunes constatées, que ce soit en termes de partenariats, de lisibilité ou de pérennité des politiques. La clarification des modalités d’intervention pourra permettre de développer des outils de conventionnement plus pertinents, ainsi que des outils d’évaluation efficaces.

Une chose est sûre c’est que le désengagement de l’Etat n’est pas à l’ordre du jour. Bernard LABRO saisit cette occasion pour rappeler que sans l’accompagnement de l’Etat les départements n’auraient pas les moyens de mener une politique culturelle.

Eu égard à la très faible éventualité d’une augmentation prochaine des budgets culturels, Jean-Louis BOUILLERE préconise d’adopter une attitude pragmatique en réfléchissant comment faire mieux / faire ensemble.

En réponse à la demande des participants, un peu interrogatifs quant à leur modalité de participation à l’expérimentation (groupe à part ? cadre de travail ?...), il est précisé que les DAC qui le souhaitent s’associent directement et de manière transversale aux groupes déjà en place. Une invitation aux réunions leur sera systématiquement envoyée, ainsi que les comptes-rendus et autres documents de travail.

En conclusion les participants espèrent que l’expérimentation va être l’occasion, en complément des objectifs de rationalisation et de développement déjà évoqués, de relancer un partenariat et un dialogue constructifs entre collectivités publiques, au service non seulement des citoyens et de la démocratie administrative locale, mais encore de la vie artistique et culturelle en Midi-Pyrénées.



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