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le 18/12/2003

le questionnaire établi par les auditeurs-rapporteurs.

auditeurs-rapporteurs

cinq questions thèmatiques :
- les enjeux du spectacle vivant
- emplois, métiers, formations
- décentralisation
- missions des établissements subventionnés
- création-production-diffusion






Le questionnaire du « débat national sur l’avenir du spectacle vivant » a été établi en toute indépendance par l’équipe des « auditeurs-rapporteurs » Il est organisé selon les cinq thèmes retenus après concertation avec les organismes représentatifs des responsables et des acteurs du secteur (syndicats d’employeurs et d’employés ; syndicats professionnels ; associations d’élus ; sociétés civiles) Il a pour objectif de guider les auditions individuelles ou collectives et d’ouvrir le débat à tous ceux qui souhaitent apporter - via le site - (www.debat-spectacle.org) leur contribution. Il permettra d’ordonner les analyses et propositions recueillies. Dans leur formulation les questions ne spécifient pas toutes les distinctions nécessaires selon les disciplines. Elles seront effectuées dans le cours des auditions.

QUESTIONS DU THEME 1

LES ENJEUX DU SPECTACLE VIVANT

Des évolutions d’ampleur et de nature diverses - artistiques, technologiques économiques, sociales - ont modifié les rapports entre art, culture, société ainsi que les conditions de mise en œuvre des politiques culturelles.

Parmi ces évolutions, on peut évoquer notamment :

- la mondialisation : le dialogue du commun et du particulier du global et du local, de l’économie publique et de l’économie privée ; la concentration des industries de la culture ; leurs effets sur la diversité culturelle.

- L’affaiblissement des cadres traditionnels de l’intégration et de la représentation - famille, école, nation, parti, syndicats, … - et la dimension sociale accrue des fonctions de la culture.

- Le développement du temps libre, la « marchandisation » du divertissement, de nouvelles conjonctions entre loisirs et culture.

- Les technologies modernes, facteurs de renouvellement des formes, des pratiques et des accès mais aussi de ségrégation et d’exclusions.

- La construction européenne avec ses chances et ses menaces pour l’exception culturelle.

- La mise en question d’une idée de la démocratisation culturelle fondée sur l’élargissement des contacts entre citoyens et œuvres d’art, au profit d’une conception plus large du développement culturel.

- La montée en puissance des collectivités territoriales, les bienfaits et les risques de la décentralisation.

- La réduction de la croissance des moyens publics face au foisonnement des formes, des projets, des compagnies, des lieux.

- Le vieillissement naturel de certains modèles institutionnels.

- Dans le champ du spectacle vivant, comment appréciez vous les effets de ces changements ? Quels sont, selon vous, les plus importants ?

- Comment définiriez-vous, les enjeux majeurs de la politique du spectacle vivant dans les années à venir ?

Enjeux artistiques.

-  Place de l’art et des artistes dans l’institution.
-  Place de la recherche et de l’innovation dans l’institution.
-  Place de la création contemporaine dans l’offre de spectacles.
-  Formation et carrière des artistes.
-  Définition de l’œuvre, défense de la propriété artistique.
-  Culture « savante » et culture « populaire ».
-  Prise en compte de l’interdisciplinarité, de l’hybridation des formes ; conséquences des nouvelles technologies.
-  Autres. Enjeux culturels.

-  Liberté de choix pour les publics.
-  Elargissement social et formation des publics : objectif illusoire ou ambition à réaffirmer. Rôles de l’Education Nationale, de l’éducation populaire, des établissements culturels.
-  Fonctions artistiques et fonctions sociales du service public. Responsabilité des artistes. Qu’est-ce que la médiation ?
-  Pratiques d’amateurs.
-  Autres.

Enjeux économiques.

-  Financement de la production.
-  Equilibre entre création et diffusion.
-  Circulation des œuvres.
-  Maîtrise des charges de fonctionnement des établissements et des coûts de spectacle.
-  Emploi permanent et intermittent, rémunération du travail.
-  Régulation du marché et préservation de la diversité.
-  Autres ;

Enjeux institutionnels.

-  Définition des missions artistiques, territoriales, sociales des établissements.
-  Cartographie, devenir et adaptation des réseaux. Réforme des labels.
-  Nouveaux lieux, nouvelles scènes, nouveaux réseaux.
-  Partage des responsabilités publiques et « règles du jeu » des partenariats.
-  Place de la société civile - associations, public - dans l’exercice des responsabilités.
-  Autres ;

QUESTIONS DU THEME 2

EMPLOIS, METIERS, FORMATIONS.

1 - Quelles perspectives pour les artistes dans l’enseignement des arts ?

Quels doivent être le rôle et le statut des artistes intervenant dans le cadre scolaire ?

2 - Considérez-vous la séparation entre les professionnels et les amateurs comme une chose positive ?

Est-il souhaitable de développer les pratiques amateurs et, si oui, dans quelles relations avec les activités professionnelles ?

À l’exemple de la musique dans les conservatoires, faut-il que les enseignements spécialisés destinés aux amateurs et ceux qui sont destinés aux futurs professionnels soient les mêmes ? Faut-il au contraire les différencier et à partir de quel niveau ?

Les professionnels doivent-ils contribuer à la formation des amateurs ?

3 - Quelle appréciation portez-vous sur les formations initiales aux métiers du spectacle vivant ? Atouts ? Faiblesses ?

Quels dispositifs complémentaires d’insertion vous sembleraient utiles ? Doit-on développer la formation en alternance et l’apprentissage en entreprise ? Doit-on organiser la transition vers l’emploi dans les écoles ? Doit-on créer des structures concourant à l’insertion ?

Une harmonisation européenne des cursus et des diplômes est-elle souhaitable ? Dans quelles disciplines et pour quels métiers ?

Quelle régulation les pouvoirs publics doivent-ils assurer dans l’enseignement privé ?

4 - Estimez-vous nécessaire de définir un statut professionnel ?

Faut-il réguler l’entrée dans les métiers et si oui, comment ?

Faut-il redéfinir les nomenclatures des emplois et des entreprises autorisant le recours au CDD d’usage ?

Faut-il encourager l’emploi permanent ? Pour quels métiers ? Avec quels contrats ?

Doit-on soutenir la multi-activité ? Dans un seul secteur ou dans plusieurs ?

Des perspectives complémentaires au salariat sont-elles envisageables ?

Le droit du travail reconnaît la spécificité culturelle par exemple dans le CDD d’usage ou le cachet. Doit-on multiplier les recours à ces dérogations et dans quels domaines ?

5 - Comment maintenir les artistes et les techniciens dans le champ du spectacle tout au long de leur vie professionnelle ?

Pour créer durablement des emplois, faut-il des restructurations, des aides ou moins de contraintes réglementaires ?

Comment concilier les inévitables aléas qu’implique la liberté artistique avec l’aspiration à une légitime sécurité de carrière ? Une réforme du système de l’intermittence permettrait-elle de résoudre cette contradiction ?

A l’avenir, quelles seraient, selon vous, les conditions du maintien durable d’un régime social spécifique à l’intermittence ?

Quels outils faut-il créer pour construire des parcours stables et cohérents ?

Comment anticiper et financer les reconversions et les retraites prématurées ?

Faut-il encourager la circulation et la mobilité des professionnels en France et en Europe ?

QUESTIONS DU THEME 3

DECENTRALISATION ET PARTAGE DES COMPETENCES ENTRE L’ÉTAT ET LES COLLECTIVITES TERRITORIALES

1 - Que pensez-vous du rôle actuel de l’État central, de l’État déconcentré et des collectivités territoriales dans le domaine du spectacle vivant ?

Faut-il redéfinir, recentrer, limiter les missions de l’État et quel ordre de priorités introduire entre elles ? Quelles sont à vos yeux les contraintes du dispositif actuel ?

2 - La loi doit-elle définir les principes qui devront s’appliquer à toute collectivité publique qui exerce des compétences dans le domaine du spectacle vivant et ce quelles que soient la collectivité et la compétence exercée ?

3 - Faut-il décroiser systématiquement les financements de l’État et des collectivités territoriales (selon la règle du chacun chez soi...) ou au contraire renforcer et/ou clarifier les partenariats ?

Faut-il définir des blocs de compétence par niveau de collectivité et si oui, selon quel critère : par discipline (danse, musique, théâtre, arts de la rue, arts de la piste…), par type de mission (création, diffusion, action culturelle, enseignement spécialisé, éducation artistique…), selon l’importance des objets considérés (évaluée selon des seuils de financement, ou en fonction de la notoriété des équipes, ou encore suivant que les équipements appartiennent à des réseaux nationaux ou s’inscrivent dans des logiques d’aménagement du territoire ) ?

On dit parfois que l’État devrait conserver, voire renforcer sa compétence dans le domaine artistique et décentraliser résolument tout ce qui relève de l’action culturelle : soutenez-vous ce point de vue ou pensez-vous au contraire que ces deux dimensions ne doivent pas être dissociées ?

Souhaitez-vous voir réformer les modalités de financement des équipements appartenant aux réseaux nationaux ainsi que l’exercice de la tutelle par l’État et si oui dans quel sens : une clarification des clefs de financement ? Une harmonisation des statuts juridiques selon les missions ? (Que pensez-vous à cet égard de la formule de l’EPCC ?) Une modification du cahier des charges (réforme du contrat de décentralisation dramatique ou chorégraphique, référence à la charte des missions de service public de la culture) ? Une nouvelle procédure pour la désignation du directeur ? Une redéfinition du contrat du directeur (concernant notamment la durée du contrat et les modalités de la cessation de fonctions) ? De nouvelles modalités de contrôle et d’évaluation ?

4 - Quelle place les élus donnent-ils au spectacle vivant dans leurs objectifs de politique culturelle ?

En particulier les Régions sont-elles prêtes, selon vous, à s’investir dans les champs du spectacle vivant ?

Quel peut être le rôle des autres collectivités ?

Quel type de spectacle vivant les élus privilégient-ils ? Pour quels objectifs :

-  l’aménagement du territoire ?
-  le souhait de contribuer à la production à l’échelle locale, nationale voire internationale ?
-  l’animation sociale ?
-  la notoriété artistique ?
-  d’autres objectifs ?

5 - Comment les élus conçoivent-ils les exigences d’évaluation ? En particulier, quel est (ou quel doit être) à leurs yeux le rôle et la composition des comités d’experts ? Le repérage des jeunes talents, de l’émergence est-il l’affaire des professionnels ? De l’Etat ? Des collectivités territoriales ? Des comités d’experts ?

QUESTIONS DU THEME 4

MISSIONS DES RESEAUX D’ETABLISSEMENTS SUBVENTIONNES

1 - Analyse et bilan des missions confiées aux établissements publics (Comédie française, Odéon, Colline, Chaillot, TNS, Opéra de Paris, Cité de la musique, EPPGHV et CND)

Leurs missions vous paraissent-elles clairement identifiées par rapport aux autres institutions culturelles relevant du champ du spectacle vivant ?

Ces établissements jouent-ils un rôle repérable en matière de décentralisation ?

Pensez-vous qu’il conviendrait de redéfinir des priorités ? De quelle nature ? 2 - La place de l’artiste dans les projets des entreprises culturelles Pour les artistes et les responsables des institutions culturelles : où se situe l’artiste dans les projets auxquels vous avez participé ou que vous avez eu l’occasion d’analyser (simple accueil, résidences, permanence d’équipes artistiques…) ? Quelles relations pensez vous qu’il convient de privilégier dans la durée avec les artistes (fidélité, aide au plus grand nombre…) ? Comment pourriez-vous définir le processus conduisant les institutions à prendre un risque soutenu pour tel ou tel artiste ? Pouvez-vous discerner aisément les enjeux esthétiques, sociaux, économiques qui sous-tendent les démarches ? Au-delà de votre cas personnel, ces exigences de prise de risque liées à l’acte de création vous paraissent-elle correctement relevées actuellement dans les entreprises des réseaux nationaux et locaux ? Quelles réformes ou évolutions préconiseriez-vous dans la gestion des liens entre les artistes et les institutions ? Les contraintes émanant du contexte local sont-elles aisément conciliables avec des critères nationaux voire internationaux dans le choix des artistes retenus ?

Les résidences proposent une temporaire et réelle place aux artistes dans les établissements des réseaux. Ce dispositif vous semble-t-il répondre au cœur de la question ? Qu’en attendez-vous ? Cette notion est-elle selon vous aujourd’hui clairement définie ou trop floue ? D’autres initiatives en faveur des artistes mériteraient-elles d’être mises en œuvre ? 3 - Comment produire aujourd’hui ? Les coproductions et les tournées font-elles l’objet d’une attention assez soutenue ?

En tant que programmateur, voyez-vous dans la coproduction un risque et une aventure partagée ou, d’abord, un simple montage financier ? En qualité d’artiste, ce mode de gestion des productions influence-t-il directement votre démarche ?

Artistes ou producteurs, mettez-vous en place vos coproductions dans un réseau « identifié » ou cherchez-vous régulièrement de nouveaux partenaires ? Publics ou privés ? Qui, dans les réseaux nationaux, est aujourd’hui à même de prendre les risques réels de produire une œuvre ? Les projets que vous préparez le sont-ils tous dans l’optique de donner lieu à des productions ? Certains ne pourraient-ils pas constituer de simples essais ? Cette démarche vous semble-t-elle possible ? Souhaitable pour revitaliser l’esprit de création ?

Pensez-vous qu’il y ait un problème quantitatif dans le spectacle vivant (trop de compagnies subventionnées, trop de créations, trop de spectacles) qui nuirait au rayonnement de la diffusion ? 4 - Création artistique et démocratisation des pratiques La charte traduit une volonté de l’Etat en faveur de la création artistique et du développement culturel dans le domaine du spectacle vivant. Comment jugez-vous aujourd’hui l’articulation de ces deux priorités ?

Dans quelle mesure s’enrichissent-elles mutuellement ou, au contraire, sont-elles à certains égards incompatibles ? Portent-elles en elles des éléments d’évolution antagonistes ? Auquel cas, lequel de ces deux champs jugez-vous prioritaire de privilégier ?

La charte préconise de démocratiser les pratiques culturelles (l’accès de tous aux œuvres et le libre choix de chaque citoyen) en plaçant l’art et les artistes au centre de ce projet. Quelles dynamiques ont engendré les actions que vous avez entreprises en la matière ? Quels blocages ont-elles rencontré ou engendré ? Pensez-vous que dans le cadre de la décentralisation l’Etat pourrait avoir pour responsabilité principale le soutien aux artistes et à la création tandis que les collectivités territoriales auraient en priorité à charge le développement culturel ?

Cette vision vous paraît-elle trop manichéenne ? En quel cas, sur quelles bases nouvelles peuvent s’établir les relations entre l’Etat et les collectivités ? Influent-elles sur les missions voire les statuts des établissements culturels ? 5 - La responsabilité territoriale et professionnelle des institutions culturelles Des établissements liés à la première décentralisation jusqu’à l’émergence des scènes alternatives, le paysage artistique et culturel se complexifie de plus en plus. Comment définiriez-vous la spécificité des missions des scènes nationales ? Par rapport aux réseaux institutionnels de production ? Par rapport aux autres lieux de diffusion et d’aide à la production ? Devraient-elles remplir un rôle particulier dans la mise en cohérence de ces différents réseaux ?

Pensez-vous que l’on puisse constituer un réseau unique composé des scènes nationales, des centres dramatiques et des centres chorégraphiques où l’on nommerait indifféremment à la tête des établissements soit des artistes (metteurs en scène, chorégraphes, musiciens…) soit des directeurs artistiques en fonction des lieux et de leurs évolutions ?

Les réseaux actuels ou un réseau unifiant l’existant vous paraissent-ils couvrir la diversité des disciplines et des publics ? Pensez-vous que les nouvelles formes actuelles (musiques, cirque …) soient aujourd’hui correctement représentées ?

Les collaborations de proximité avec les partenaires locaux potentiels sont-elles assez correctement développées ? Comment vous situez-vous avec les établissements qui vous entourent (en concertation, complémentarité, partenariat ou plutôt ignorance) ? Jusqu’à quel point jugez-vous les exigences de proximité compatibles avec les autres missions qui vous sont assignées (défense de la création, recherche de nouvelles formes, rayonnement international…)

A l’échelon local ou national, vous sentez-vous inscrit dans un réseau (institutionnel ou volontaire) et que représente pour vous le travail en réseau ?

Quelles relations entretenez-vous avec la scène internationale (intérêt, méconnaissance) ? Jugez-vous cet enjeu compatible avec votre démarche à l’égard de la création française ? 6 - La responsabilité sociale On entend souvent des programmateurs évoquer « leur » public et des élus trouver les propositions artistiques trop élitistes pour les citoyens. Les artistes, de leur côté, créent des œuvres pour qu’elles rencontrent « un » public et certains se plaignent d’en être empêchés. Dans votre projet, où se situe le public ? Dans quelle mesure influence-t-il vos choix artistiques ?

Comment définissez-vous le public ? Cherchez-vous en premier lieu à le fidéliser ou au contraire à l’étendre, à le diversifier ?

Des professionnels parlent souvent de « conquérir » un public. Pensez-vous que le public soit uniquement l’affaire des professionnels de la culture ? Au vu de votre expérience, les réseaux de relais sont-ils suffisamment suscités ?

QUESTIONS du THEME 5 CRÉATION - PRODUCTION - DIFFUSION

1 - La Création

Le grand nombre de propositions artistiques qui voient le jour chaque saison est-il un signe de bonne santé ou le résultat d’une crise durable de notre politique culturelle ? Si vous optez pour la seconde hypothèse, quelles en seraient les causes principales ? Et pourquoi pensez-vous qu’elle soit structurelle ?

Que pensez-vous des dispositifs d’aide à la création ? Les grandes catégories (aide à la création, conventionnement, résidence …) vous paraissent-elles adaptées au déroulement dans le temps d’un projet de compagnie, d’artistes, de groupes ? Faudrait-il en imaginer d’autres ? Les procédures d’instruction des dossiers, selon le type d’aide, vous semblent-elles suffisamment transparentes ?

Comment voyez-vous la question de la répartition dans les budgets entre dépenses de fonctionnement et dépenses artistiques ?

On constate aujourd’hui que les collectivités territoriales (villes, départements, régions, …) participent de manière significative au financement de la création. Que pensez-vous de ce phénomène récent ? les procédures sont-elles transparentes ? la coordination avec les DRAC paraît-elle souhaitable et suffisante ? Que pensez-vous de l’intervention de divers organismes professionnels (ADAMI, SPEDIDAM, FCM, SACEM, SACD …) au niveau de l’aide à la création ? Cette multiplication des aides publiques, para-publiques et privées, venant d’interlocuteurs différents a-t-elle une influence sur les choix du créateur ?

2 - La production.

Quelles conséquences l’application éventuelle de la réforme actuelle de l’intermittence et des possibles réglementations européennes et internationales auraient-elles au plan de la production ?

Quelle définition donneriez-vous d’un producteur ? Et tout particulièrement dans le contexte actuel ?

Quelles grandes tendances avez-vous observées cette dernière décennie concernant la capacité de production des institutions ? des compagnies indépendantes ? des sociétés de production ? Pour les institutions, quelles en seraient les raisons ? Quelle propositions feriez-vous pour au mieux les inverser, au pire les stabiliser ? Pour le secteur indépendant, quelles mesures préconiseriez-vous afin de lui donner ou de lui redonner une place significative dans le partenariat financier de la production ?

L’augmentation du nombre de coproducteurs réunis pour une production vous semble-t-elle un atout ou un handicap ? Le fait que, dans la majorité des cas, la production déléguée revienne à la compagnie vous semble-t-il justifié ? Pensez-vous que les institutions jouent pleinement leur rôle lorsqu’elles s’engagent dans une coproduction ? L’état des relations entre les institutions et le secteur indépendant (groupes, artistes, sociétés de production) vous semble-t-il bon ? Dans le cas contraire, que proposeriez-vous pour l’améliorer ?

De plus en plus de productions recourent à l’achat anticipé. Cette situation a-t-elle des conséquences et lesquelles ?

Que pensez-vous de l’évolution des coûts de production ? Constatez-vous des déplacements dans la structure des budgets de production ? Comment l’expliquez-vous ? Faut-il édicter des règles, des normes, des ratios ?

Que pensez-vous d’un seuil de recettes propres (billetterie, ventes, mécénat, produits dérivés etc. …) ?

L’articulation entre la production d’un spectacle vivant et les industries culturelles est-elle une nécessité ? Quels en sont les logiques et les avantages ? Quelles propositions feriez-vous afin que cette relation se développe ? Quelles précautions préconiseriez-vous afin que les industries respectent la spécificité du spectacle vivant ?

Pensez-vous que les programmes européens de soutien aient un rôle à jouer pour la production ?

La forte augmentation des festivals et/ou l’émergence récente de temps festivaliers dans les programmations des institutions permanentes ont-elles une influence sur le montage des productions ? D’une manière plus générale, constatez-vous une tendance à certains formatages des productions ?

Devant la réelle difficulté pour les compagnies indépendantes à se doter d’une structure (ou d’une compétence) administrative de production (et de diffusion) et sachant que cela grève la part réservée à la création, quelles propositions feriez-vous ?

3 - La diffusion

On constate chaque saison, qu’un grand nombre de créations produites rencontre de grandes difficultés à se diffuser. Cela est-il vrai pour tous les domaines artistiques ? Comment expliqueriez-vous ce phénomène ? Quelles mesures d’ensemble faudrait-il adopter afin de tendre vers une meilleure régulation entre l’offre de spectacles et les capacités de leur diffusion ? Si, selon vous, ces causes sont conjoncturelles (aménagement du territoire, nature des réseaux de diffusion, aides spécifiques à la diffusion …), quelles propositions concrètes feriez-vous ?

Si le déséquilibre constaté entre l’offre et la demande reste la cause principale des difficultés d’autres peuvent rentrer en jeu. Les obligations légales et conventionnelles pèsent-elles sur l’organisation des tournées ? Et qu’en est-il pour le secteur subventionné ? Pour le secteur privé ? Quelles sont les conséquences de l’intermittence dans la relation des interprètes avec une création, au niveau de sa diffusion et de son éventuelle reprise (répertoire) ?

Que pensez-vous des politiques de prix aujourd’hui ? Faut-il pratiquer des différences de prix encore plus fortes entre catégories de publics ? Le prix vous semble-t-il une variable clé de la politique de diffusion ?

Les objectifs fixés par les tutelles, aux institutions comme aux compagnies, en ce qui concerne le nombre de représentations vous paraissent-ils raisonnables ? dans la négative, que proposeriez-vous ?

En règle générale, le nombre de spectacles qu’un théâtre propose chaque saison à son public n’a cessé d’augmenter au détriment du nombre de représentations pour chacun d’entre eux (les séries). Comment analysez-vous ce phénomène ? Pensez-vous que cela pourrait être pris en compte dans le cahier des charges ou les contrats d’objectifs des institutions (obligations contractuelles, recommandations …) ?

Que pensez-vous de la pratique de l’auto-diffusion (par exemple à Avignon Off) ou de l’accueil à la recette (contrats de co-réalisation stricte) ? Quels en sont, d’après vous, les aspects positifs et négatifs ? Dans l’hypothèse où demain les représentations en auto-diffusion (et pratiques assimilées) ne seraient plus prises en compte par le Ministère de la culture, quelles en seraient les conséquences ? Que pensez-vous de l’intervention de divers organismes au niveau de l’aide à la diffusion (ONDA, IFOB, ODIA, OARA, …) ?

La place de la diffusion à l’étranger est très variable selon les disciplines artistiques. Pour certaines elle est vitale, pour d’autres résiduelle voire inexistante. Que pensez-vous de l’action de l’AFAA dans ce domaine ? Dans ce cadre ou à côté de celui-ci, quels dispositifs d’accompagnement et quelles mesures incitatives proposeriez-vous afin de dynamiser les coproductions et la diffusion internationales ? La Commission européenne a-t-elle un rôle à jouer ?

Y a-t-il pour certaines disciplines ou champs artistiques, des mesures spécifiques à prendre en terme de financement et/ou d’aménagement de lieux qui influeraient directement sur leur diffusion ?

La pluridisciplinarité et l’éclectisme des programmations qui se sont renforcés du fait de la décentralisation (et tout particulièrement du poids des villes) ont-ils de réelles répercussions au plan de la diffusion ?

On a vu apparaître, à côté des créations que l’on qualifiera d’habituelles, de nouvelles propositions artistiques qui répondent à des préoccupations sociales et éducatives encouragées entre autres par de nombreux ministères (Ville, Éducation nationale, Justice, Affaires sociales …) et qui sont souvent à l’initiative de structures ou de lieux alternatifs. Comment percevez-vous ce phénomène ? Est-il réaliste d’imaginer la diffusion de ces propositions ?

Le réseau des lieux généralistes (scènes nationales par exemple) vous paraît-il remplir son rôle de manière satisfaisante dans tous les domaines artistiques du spectacle vivant ? Comment mieux prendre en compte les pratiques artistiques émergentes (musiques actuelles, danses urbaines, …) dans les différents réseaux de production et de diffusion ? Faut-il des lieux généralistes ou spécialisés ?



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